06 décembre 2008
La crise a bon dos
La crise est là et frappe l'automobile de plein fouet, cela ne fait aucun doute. Certains marchés européens, notamment l'Espagne et l'Italie, s'effondrent littéralement. Les constructeurs français réalisant encore l'essentiel de leurs ventes et de leurs marges sur le Vieux Continent, ils savent qu'ils rentrent dans une passe très difficile. Au point de faire appel à l'Etat et à l'Europe, et à leurs milliards.
Paris et Bruxelles n'ont pas le choix. L'automobile pèse bien trop d'emplois pour qu'on la laisse chavirer. Mais la crise ne devient-elle pas le bouc-émissaire de tous les maux ? Les constructeurs français ne sont-ils pas aussi victimes de leurs erreurs stratégiques et de leur incapacité à anticiper les retournements du marché ? Aujourd'hui, Bruxelles est appelé à financer le développement des voitures vertes alors que l'Union européenne trainait des pieds il y a encore quelques mois pour aider PSA à mettre au point sa technologie diesel-hybride. Pourquoi le groupe français, qui a mis toutes ses billes dans ses performants HDI, devrait-il rattraper le temps perdu grâce à l'argent du contribuable, alors que ses concurrents Volkswagen et Toyota ont bien mieux anticipé les nécessaires évolutions technologiques ?
Le contribuable paie, le salarié trinque. Pour l'heure, la seule vraie victime, c'est celui qui travaille chez Peugeot et chez Renault. Dans une économie libérale où l'on ne compterait pas sans cesse sur les fonds de l'Etat et des comptes sociaux pour traverser les mauvaises passes, une entreprise devrait s'y préparer... plutôt que de compter sur le chômage partiel, financé par l'Etat, et sur des départs dits volontaires.
14:25 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, automobile, peugeot, citroen, psa, renault








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